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| Le palais de Tokyo découvre l’Anti-Monde | ||
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Cinq milliards d’années : la suite ! ![]() De l’autre côté du réel, dans son anti-chambre, le monde est renversé. ![]() Tatiana in Wonderland… Lewis Carroll n’est pas très loin des installations fabriquées par Tatiana Trouvé pour son exposition « double bind ». On chute dans un espace à la fois onirique et inquiétant ; on entre et on sort par des mini portes. Dans le terrier de Tatiana, on rencontre des machines hybrides, des « polders », sortes de prototypes d’appareils miniatures d’intérieur. La réduction des proportions dynamite le réel et nous fait pénétrer de plain-pied dans le domaine de l’illusion. L’échelle n’est plus humaine et tout est dans l’indice, le soupçon, le résidu d’une familiarité, incorporés insidieusement à ces objets d’une autre nature. Le circuit de ces instruments énigmatiques, modèles de machines de sport, de musique ou de travail, racontent une histoire mentale, un désordre cérébral. Des rochers suturés de cadenas enferment leur lot de secrets et de mémoire tandis que l’on est envahi par un double trouble paradoxal. A la fois otage et affranchi, on traverse l’univers de Trouvé comme une charade, un rébus, un mystère à dénouer et tout comme Alice, on passe…de l’autre côté du miroir. Les freaks de Joe…. ![]() A côté de Tatiana, les peintures de Joe Coleman, artiste de la contre-culture américaine, mélangent les genres les plus éloignés. Des comics aux enluminures du Moyen-Age en passant par Goya, Bruegel et Bosch, son travail acharné du détail, rend hommage aux parias de l’existence, serial killers, gangsters et freaks de tout bord. Sa peinture est chirurgicale, sanguine, violente et terriblement efficace. En prédicateur de messe noire, Joe Coleman statufie ces antihéros en saints pervers. Son œuvre est celui d’un mauvais genre, baroque, où l’impur se voit investi d’une auréole. « Je soulage mes peurs et je dois être fou pour survivre dans un monde où la folie est la norme » affirme, un rictus en coin, cet iconoclaste du travestissement. Ces icônes marginales glacent autant qu’elles fascinent. Les images, les couleurs débordent du cadre pour calmer les souffrances. Le syndrome empathique fonctionne à la vue de ses héros de la folie et de la mort. Michel Blazy, work in progress… ![]() Dans la décomposition, il y a une vie foisonnante. Michel Blazy utilise les matières du périssable pour développer un monde incertain et instable. Organique, biologique, son art est incontrôlable, voué à la dégradation et au pourrissement. Les crèmes desserts, vanille ou chocolat, recouvrent des animaux-carpettes, des yaourts jetés en pâture condamnent les murs à l’effritement, des bains moussants remplissent des bennes à ordures. Un monde en progression constante, un monde à l’humeur et aux odeurs changeantes investissent la grande nef du Palais de Tokyo. Michel Blazy s’engage sur quatre mois à nourrir, à transformer ses œuvres…work in progress… Pour plus d’informations : cliquez-ici | ||
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